Le Mirage du Temps

spiritualité août 10, 2019

Dans cette nouvelle vidéo de spiritualité Seyyed Yahia Gouasmi commence par répondre à une question évoquant un chercheur scientifique syrien qui donne son interprétation des versets 77 et 82 de la sourate « Al Kahf » du Saint Coran, où il est question du mot village( « qaria ») qui s’est transformé ensuite en ville (« madina »), concernant l’un des trois voyage que Moise fait avec Al Khidr.

Al-Kahf (18:77)

« Ils partirent donc tous deux; et quand ils furent arrivés à un village (qaria) habité, ils demandèrent à manger à ses habitants; mais ceux-ci refusèrent de leur donner l'hospitalité. Ensuite, ils y trouvèrent un mur sur le point de s'écrouler. L'homme le redressa. Alors [Moïse] lui dit: «Si tu voulais, tu aurais bien pu réclamer pour cela un salaire» ».
Al-Kahf (18:82)
« Et quant au mur, il appartenait à deux garçons orphelins de la ville, et il y avait dessous un trésor à eux; et leur père était un homme vertueux. Ton Seigneur a donc voulu que tous deux atteignent leur maturité et qu'ils extraient, [eux-mêmes] leur trésor, par une miséricorde de ton Seigneur. Je ne l'ai d'ailleurs pas fait de mon propre chef. Voilà l'interprétation de ce que tu n'as pas pu endurer avec patience» ».

D’après ce chercheur syrien, le mot « qaria » est utilisé ici pour expliquer que dans cette endroit il n’existe aucun croyant, et c’est pour cela que Dieu peut alors abattre sa colère sur cet emplacement, alors que dans une « madina », il existe au moins une personne croyante et donc Dieu épargne ce lieu uniquement en raison de la présence de cette minorité de croyants.

Seyyed Yahia Gouasmi répond à cette thèse afin de nous expliquer la méthodologie de compréhension coranique et la manière d’appréhender la parole divine.

Il nous explique d’abord que Dieu descend un langage pour qu’il soit compris, interprété, et recherché par des humains qui font tadabour (réflexion sur le sens du Livre), des chercheurs, qui méditent et réfléchissent.

Cette condition est un prérequis pour que se révèle sa parole, s’il souhaite ensuite faire descendre sa lumière de compréhension dans notre cœur.
Il y a donc tout un travail de préparation et de méthodologie pour aborder ce langage, dont il faut également comprendre qu’il ne revêt pas de dimension temporelle telle qu’on la conçoit : il est hors du temps.

Seyyed Yahia donne ensuite sa vision de ses versets en nous rappelant qu’il y a dans la sourate Al Kahf, trois histoires, trois voyages et trois façon de s’élever à ce langage, comme l’illustrent les trois voyages de moise en compagnie d’Al Khidr.

Ainsi, dans le premier récit, celui ou al Khidr décide de percer le bateau il s’agit d’un temps court.
Alors que dans la deuxième histoire, celle du meurtre de l’enfant, le temps se rallonge, car il correspond au temps où les parents auront d’autres enfants, qui grandiront etc, ce qui demande plusieurs années. Ce temps est donc plus long que le précèdent.

Enfin concernant le troisième voyage lorsqu’al Khidr construit ce mur, le temps est encore beaucoup plus long, ce qui est illustré justement par le fait que la « qaria » s’est ensuite transformé en « madina », donc le village est devenu ville.

Le trésor enfoui sous ce mur, dont Seyyed Yahia Gouasmi a parlé dans d’autres vidéos en expliquant qu’il s’agissait probablement de la « chahada » (profession de foi : il n’y a d’autre Dieu que Dieu et que Mohamed est son Prophète), sera ainsi découvert plusieurs milliers d’années plus tard.

Puis c’est avec respect, amour et fraternité de chercheur qu’il expose la faille du raisonnement de ce chercheur syrien en expliquant que les orphelins héritant de ce trésor descendaient logiquement d’une lignée de croyants, qui habitaient donc ce village (qaria).

Ces deux orphelins ne peuvent-être, comme cela a déjà été dit par Seyyed Yahia, que le Messie et le Mahdi.

Seyyed Yahia évoque ensuite les différentes catégories de chercheurs du sens de la parole coranique :
Ainsi, ce scientifique syrien utilise une certaine méthodologie pour expliquer et rechercher la compréhension du Coran, qu’il puise dans sa formation universitaire.
D’autres ont une approche différente, comme les religieux qui abordent le texte à travers la jurisprudence et les exégèses, ainsi que l’histoire religieuse ou les hadiths.
Il y a également les chercheurs sans formation particulière qui s’interrogent et font le tadabour de manière plus spirituelle sans connaissance du contexte historique ou religieux.
Enfin, il existe une dernière catégorie : des personnes hors du commun, qui ont la vision des signes avec la sagesse, et cette vision de la sagesse entraine une compréhension des causes et non pas des effets, qui donne aux signes de la parole divine un sens d’une autre dimension.

Le Noble Coran est la parole de Dieu, celle-ci ne se mesure pas comme la parole humaine qui est enfermée dans un temps mesurable.
Le langage entre Dieu est les Anges est particulier car il arrête le temps, le compresse, et il ne peut être compris que si Dieu descend dans notre cœur une lumière, que les Anges possèdent.
Quand ces créatures célestes entendent parler Dieu, elles ont une vision du futur car ils sont dans cette proximité avec le créateur.
Dans le Saint Coran, Dieu tente de nous amener à comprendre sa parole mais il nous précise que pour ce faire, il nous faut la Taqwa (l’éveil dans la piété) et une foi dans le futur (le Ghayb) (cf. les premiers versets de la sourate « al Baqara »).
Nous devons donc avoir cette foi dans ce temps compressé, ce temps du futur, pour pouvoir comprendre ce Livre, car le langage de Dieu est hors du temps et il nous faut casser nos idoles de temporalité humaine pour pouvoir en découvrir le sens profond.
Mais quel est ce temps de la conversion, de la compréhension, de la prophétie, de la dimension de la révélation ?
C’est le temps des «Salih », les serviteurs du « Islah », qui sont là pour réparer : eux-mêmes, puis leurs proches, puis leur société, et toute l’humanité. Nous sommes loin des « hassanat » et des « bons points recherchés » par certains musulmans qui pensent arriver à dieu par le calcul et le raisonnement.
le Salih apporte la pierre des Prophètes, il est le témoin et ne vit qu’à travers la révélation et le témoignage de nos bien-aimés Prophètes, de notre messager Mohamed, et de sa sainte famille, les Ahl al Bayt.

Gouasmi Yahia

Seigneur, ouvre et élargis ma poitrine, facilite ma mission, et dénoue un nœud en ma langue, afin qu’ils comprennent mes paroles