Les graines du temps

spiritualité nov. 24, 2019

Dans cette vidéo, Seyyed Yahia Gouasmi évoque une nouvelle fois avec nous le sujet du temps qu’il introduit avec le premier verset de la sourate 97, « Al Qadr », du noble Coran qui dit :

« Nous l’avons certes, fait descendre pendant la nuit d’Al-Qadr ».

Une sourate qui nous interpelle par le fait qu’elle explique que Dieu a fait descendre la révélation en une seule nuit (la nuit du destin, Al Qadr) dans le cœur du Prophète.

Ainsi, le Coran se révèle d’une traite chez le Messager, alors que l’on sait aussi que la révélation a duré 23 années.

On comprend alors que cette science révélée est en dehors du temps, et se déroule dans le temps « subtile »

Le Livre Saint est contenu dans le cœur du Prophète, ainsi que toutes ses histoires avant même la création.

On entre ainsi dans une dimension du temps dans laquelle tous les récits sont contenus en un seul point qui comprend l’existant, le préexistant et le post-existant. Les signes de Dieu ont été révélés en dehors du temps qui est aboli. Le temps de l’éternité, sans début, ni fin, ni arrêt.

La question est donc de tenter de comprendre ce qu’est la dimension du temps. Une question est posée, pour savoir comment est-ce que l’on se situe dans cette éternité et ce temps subtil.

Seyyed Yahia y répond en expliquant que nous sommes dans le temps dans lequel on se doit de faire confiance au Dieu qui se trouve au-dessus en ayant foi dans ce « Ghayb » où le temps est abolit. Ce que nous vivons est un destin et nous devons nous y soumettre et abolir le temps de nos sens en entrant dans une dimension du temps que dieu veut pour nous. Celle du temps qui n’est pas gaspillé (le temps du « khosr » de la sourate « le temps »).
Ce temps est celui de la prière et de la zakat, que tous les prophètes souhaitaient à leurs héritiers.

La prière (salat) est un temps prescrit qui est un lien solide vers le ciel, dans lequel on doit s’élever par la parole de celui qui est hors du temps.

La zakat revêt la même importance que la prière, il s’agit d’une action pour les autres, afin de construire l’humanité : c’est le « islah », qui rétablit l’ordre pour les hommes afin qu’ils reviennent à l’appel de Dieu.
En priant on se transforme dans un nouveau moule et en faisant la zakat, on réalise ce que l’on transforme en le construisant.

Le temps du « islah » est en dehors du temps que l’on connait, il a un rapport avec la prière et la construction par la zakat.

Il y a compression du temps dans la prière, où il ne s’agit plus de nos paroles ni de notre posture, mais des siennes : nous disons et faisons ce qu’il veut durant notre prière et notre zakat, pour arriver au « fana » (l’effacement total devant la face de Dieu)

Puis Seyyed s’attarde sur le verset 39 de la sourate 24, « la lumière », afin de mieux cerner la dimension du temps, et qui dit :

« Quant à ceux qui ont mécru, leurs actions sont comme un mirage dans une plaine désertique que l'assoiffé prend pour de l'eau. Puis quand il y arrive, il s'aperçoit que ce n'était rien; mais y trouve Allah qui lui règle son compte en entier, car Allah est prompt à compter.

Ces paroles coraniques montrent que ceux qui ne recherchent pas la science et ne reconnaissent pas Dieu, vivent dans un mirage d’illusion au bout duquel il n’y a rien d’autre que Dieu.

Une autre question fait référence au récit du Noble Coran dans lequel un djinn, et un homme détenant une science du Livre, se proposent de ramener au roi Salomon le trône de la reine de Saba ;

L’un (le « afrit ») en utilisant la maitrise du déplacement et l’autre (le personnage maitrisant une science) en étant encore plus rapide que la vitesse de la lumière.

La question demande s’il existe un rapport entre le temps et cette science
Seyyed Yahia explique alors que le afrit possède un pouvoir qui montre la première dimension du temps, le déplacement. Ce dernier crée le temps, alors que la mort ou l’inertie l’arrêtent. On est ici dans le cadre du temps mesurable.

L’homme de science, lui, va encore plus vite que la lumière : contrairement au djinn il n’est pas dans la dimension de l’espace/ temps, tout en étant présent avec nous. Comment est-ce possible ?

Yahia Gouasmi nous explique alors que cela est effectivement possible dans la mesure ou en realité, notre corps est une illusion présentée aux autres et que nous sommes un univers en dehors du temps et de l’espace, que nous limitons et emprisonnons.

Cette personne elle donc a une dimension qui est dans l’espace du temps et qui représente elle-même l’univers !!

Cela rend alors plus compréhensible le hadith de l’Imam Ali qui disait que « l’homme se croit néant alors qu’il contient l’univers ».

L’homme de science sait que dans cet univers qu’il contient, il suffit de voir les particules pour qu’elles soient présentes : en d’autres termes, son observation rend présente la chose.

Il abolit les sens par lesquels le Afrit ramène le trône, et lui, n’a pas besoin d’aller et revenir car il est à la fois avec Salomon et avec le trône, abolissant le temps et l’espace !!!

Voilà ce que la science du livre lui apporte.

Seyyed Yahia conclu cette vidéo avec la définition de la notion de « tasbih » que l’on assimile souvent au fait de louer le créateur.

Quel est donc ce « tasbih » que les anges réalisent en tournant autour du trône de Dieu comme nous le dit le noble Coran ?

Un hadith prophétique affirme que

« Dieu est un trésor caché et qu’il a créé l’homme pour qu’il le connaisse ».

En effet Dieu aime qu’on le cherche et qu’on en soit amoureux, il a donc pris cette décision, la création de l’homme, et a partagé ce moment avec les anges dans un merveilleux dialogue d’amour.

Ce dialogue est la récompense du tasbih de l’amour, cette lumière, que les anges accomplissaient à travers la recherche de la science et de l’interrogation, créant une intimité entre la créature et son créateur.

Dans ce dialogue, Dieu, par sa parole leur ôte le voile de l’invisible, il compresse le temps, et les anges voient alors le devenir de l’homme depuis sa création.

Dans l’intimité de la parole il y a un grand poids de révélation et c’est cette science que notre père a appris aux anges et à Adam

L’intimité dans la proximité sincère, la science, donne cause et causalité de tout et compresse le temps, tel est ce que Dieu veut nous enseigner, à condition d’aller à sa rencontre dans une dynamique d’amour et de recherche.

Gouasmi Yahia

Seigneur, ouvre et élargis ma poitrine, facilite ma mission, et dénoue un nœud en ma langue, afin qu’ils comprennent mes paroles