La Résonance de Sourat Al-Kahf : Foi dans l'Inconnu et Protection Divine

Introduction

« Nous devons être les piliers de cette résonance qu’est Sourat Al-Kahf, pour parcourir le chemin de l’al-ghayb (l’inconnu, l’invisible), de ce qui n’est pas connu, mais en lequel nous plaçons notre foi et notre certitude. »

Avec vous, et encore, pour que Dieu soit satisfait de nous – qu’Il nous donne Sa satisfaction –, c’est d’aimer ce qu’Il y a de beau et de le partager dans cet amour que nous portons à Son messager, à Ses anges, à Lui, et à toutes Ses créatures de lumière.
Dieu se révèle à nous.
Et ce que le messager nous transmet dans cette révélation, il nous le rend présent par le Dhikr (l’invocation, le souvenir) de la prière, cinq fois par jour.
Ainsi, la Salât (prière rituelle) devient un Dhikr.
L’adoration par la prière devient un souvenir de Dieu, une présence de Dieu.
Et Dieu se révèle dans cette présence de la prière, par la présence du Livre.

Le Récit des Gens de la Caverne

Le messager a dit – et c’est une des résonances que je souhaite partager avec nos frères et nos sœurs –, c’est le souvenir, la rémémoration du Dhikr de la Sourate (chapitre coranique), l’histoire des Gens de la Caverne (Ahl al-Kahf).
Une fois par semaine, nous devons la réciter le vendredi, afin de nous sécuriser et de nous protéger.
Que ce soit les dix premiers ou les dix derniers versets, ou bien la Sourate entière, notamment les passages sur Gog et Magog (Gog et Magog) et le « plomb du malin » (rasas al-shaytân).
Que Gog et Magog, ainsi que la malédiction de ces suppôts d’Iblis (Satan), ne nous atteignent pas !
Nous aurons ainsi une sécurité grâce à cette Sourate, récitée chaque vendredi.

L’importance d’une Sourate qui clôture le temps et assure la sécurité dans le temps, la sécurité du temps.
Voilà, toute cette Sourate n’est qu’une inspiration du temps, de l’al-ghayb.
Et dans cette inspiration du temps, un groupe de jeunes comprend que la société les appelle à vivre un temps qui n’est pas celui de la révélation, qui n’est pas celui de l’inspiration, qui n’est pas le temps où Dieu aurait voulu qu’ils soient ce qu’Il attend d’eux, en dehors du temps de l’idolâtrie du temps.

Dieu décrit un peu cette société et la composante de sa réflexion, de ce monde.
Il nous fait comprendre l’histoire de cette Sourate de la Caverne par la fuite et la séparation que ses protagonistes refusaient de vivre dans une atmosphère sociale imposant l’idolâtrie.
Ici, la dimension que Dieu nous offre dans l’inspiration de cette réflexion : un groupe de jeunes part à la recherche d’un refuge en Dieu, avec Dieu.
Leur prière est une inspiration permanente pour réussir et se diriger vers Lui.
Et Dieu les prend en charge.

Comme un clin d’œil – je vous le dis tout de suite –, après qu’une mauvaise société les a pris en charge, Dieu dit qu’Il obscurcit leur sam’ (ouïe).
Ils n’entendent plus.
Quelle connotation pouvons-nous en tirer ?
Comparons-la à notre père Adam, qui ne se servait pas de son ouïe de la même manière, car il était entièrement pris en charge par Dieu et Son inspiration.
Et lorsque Dieu prive ces jeunes de leur ouïe, Il les fait entrer dans une nouvelle dimension, une nouvelle sécurité qui Lui appartient.
Cette sécurité divine démontre qu’Il prend en charge toutes leurs épreuves et tous leurs soucis, transformant le temps, le monde et le temps du monde.

Les voilà partis dans un sommeil profond de plusieurs centaines d’années.
À leur réveil, ils s’interrogent avec une voix qui semble émaner d’une réflexion collective, comme si elle ne pouvait provenir d’eux-mêmes.
C’était une voix accompagnée d’interrogations, les poussant à s’interroger davantage.
Frères, dans cette dimension, ils ne pouvaient avoir qu’une voix inspirée.
Et cette voix de l’inspiration n’était pas dirigée vers une personne en particulier.
C’était une voix collective : les Gens de la Caverne tombaient dans la méditation en même temps, chacun parlant pour tous, et tous parlant pour chacun.

Les voilà voyant quelqu’un leur apporter la meilleure des nourritures.
Puis, après le retour de cette personne chargée de leur chercher de quoi se sustenter, ils entrent dans une nouvelle dimension du temps et de l’inspiration pour disparaître, afin d’apparaître comme ils l’espéraient avec le Messie (Messie) Mahdi.
Et c’est ainsi que fut leur histoire : l’histoire d’un ghayb (lien, attachement spirituel) en dehors de tous les temps et de tous les mondes.

L’Imam Mahdi commence par cette histoire.
Et si nous ne la saisissons pas dans son ensemble, nous la comprenons partiellement, car Sourat Al-Kahf comporte trois récits et une parabole.
C’est la première de ces histoires.
Vous verrez l’évolution de ces récits vers des contrées du ghayb insoupçonnées.
Pourquoi cette Sourate est-elle importante ?
Pourquoi inspire-t-elle le ghayb ?
Pourquoi rend-elle présent le ghayb ?

L’Imam Mahdi : cette histoire des Gens de la Caverne nous plonge toujours dans la présence du ghayb et dans la foi en la maîtrise du ghayb par Celui qui a créé le monde.

La Parabole des Deux Jardins

Deuxième récit : la parabole des deux jardins.
L’histoire des deux jardins revient à dire qu’une personne, parmi les deux protagonistes, possède un immense jardin, des fruits, des arbres, et une eau qui coule.
Par les efforts qu’il a déployés pour obtenir tout cela, son compagnon lui rappelle : « Tu n’étais que poussière. C’est Dieu qui t’a créé, c’est Dieu qui donne. »
C’est toujours la même histoire, une parabole du récit originel d’Adam et d’Iblis : croire que ce que l’on acquiert est le fruit de nos seuls efforts, alors que notre existence même n’est que par un Amr (ordre) de Dieu, qui a décidé notre création alors que nous n’étions que poussière.

La Rencontre de Moise et Khidr

Troisième récit, en dehors de celui des deux jardins : la parabole de Moise et Khidr.
Nous voici devant la réflexion et la conscience de ce qu’est un prophète et une révélation.
Le prophète et la révélation de la justice.
Le prophète – je nomme Moise (Moise) – entend parler d’un homme venu d’une autre conception du savoir, et il aurait aimé le connaître.
Cette quête d’un homme, cette recherche des hommes, fait que Moise demande à Dieu de lui faire rencontrer cet homme.
Dieu lui indique alors le parcours jusqu’au Bahrân (les deux mers, ou un lieu de confluence) pour cette rencontre.

Et il le rencontre.
Là, nous avons le dilemme de ce qui se révèle de la justice et de l’action comme réponse à une conception de la justice et d’une révélation.
Toute cette réflexion sur ce qu’est la justice dans le présent – et comment elle doit être rendue comme justice dans l’instant – était le paramètre qui, à lui seul, permettait la soumission, la grandeur, l’amour de Dieu et le destin de ce grand homme qu’était Moise.
Il voulait un plus.
Et c’est ce plus qu’il devra accompagner auprès de l’‘abd saliḥ (le serviteur vertueux), Khidr.

Nous le voyons avec cette rencontre : les paramètres d’une telle rencontre font que l’inattendu devient présent.
C’est-à-dire que les conceptions logiques – comme celle d’un poisson ne pouvant vivre qu’en milieu aquatique – sont bouleversées.
Un poisson vivant hors de l’eau était un signal de présence, une vie logique défiant les lois de la création.
Et ce poisson, après avoir parcouru un chemin hors de l’eau, retourne à l’eau et revit.
Ce fut le signal pour Moise que l’étrange ne pouvait mener qu’à la personnalité étrange qu’il devait suivre : Khidr.

Khidr lui dit : « Suis-moi, à condition que tu ne m’interroges pas et que tu sois patient. »
Moise accepte, car il sait que c’est l’homme de Dieu qu’il voulait rencontrer et suivre.

Ils montent dans un bateau.
Et vous allez comprendre pourquoi je dis cela, et quelle est la richesse de cette histoire, qui doit être répétée chaque semaine, ainsi que le parcours que nous devons en tirer.

Khidr perce un trou dans le bateau.
Pour Moise, c’est incompréhensible : « Veux-tu noyer ces pauvres gens ? Pourquoi fais-tu cela ? Ce n’est pas normal ! »
Khidr lui répond : « Ne t’ai-je pas dit d’être patient et de me suivre sans poser de questions ? »
Moise se rappelle alors et s’excuse : « C’est vrai, excuse-moi. »

Puis, ils partent vers un autre destin et rencontrent un enfant.
Khidr le tue.
Pour Moise, c’est trop : « Un enfant est innocent ! »
Tous les paramètres de la logique, de la science acquise, de la vision, de l’al-mashro’ (le projet divin, la volonté)...

Cette histoire commence par parler des pauvres.
Mais vous avez l’impression de l’avoir comprise.
Je le dis avec amour : elle n’est pas encore pleinement perçue.
Peut-être est-elle un peu comprise, mais pas totalement.

C’étaient des gens pauvres, et un roi tyrannique allait venir leur prendre leur bateau.
Pour les protéger, Khidr a dû percer le bateau afin que le roi ne puisse pas s’en emparer.
Première leçon : l’histoire d’un futur où un roi viendrait.

Deuxième histoire : celle d’un enfant qui, en grandissant, aurait nui à ses parents, des croyants.
Dieu a préféré le remplacer par une nouvelle naissance, après sa disparition, pour éviter qu’il ne devienne un despote et ne leur nuise.
Dieu a choisi de changer le cours des choses.
Et vous verrez la résonance de cette réflexion dans le futur, et pourquoi cette histoire nous concerne et doit être répétée chaque semaine.

Le mur : c’était qarya (un village), qui un jour deviendrait une ville, car pour que les orphelins trouvent le trésor que leur père leur avait destiné, il fallait que ce lieu devienne une cité.
qarya devient une ville lorsque les orphelins découvriront leur trésor, qui leur était destiné pour leur avenir.
C’est encore une question de temps : celui d’une qarya qui se transforme en ville.
Cette deuxième histoire se termine ainsi.

Que Devons-Nous Comprendre de Cette Rencontre ?

jum‘ah se révèle dans l’histoire de la Caverne.
La récitation du vendredi (yaum al-jum’ah) nous rappelle un destin.
Il y a un destin, celui de Dieu.
Et ce destin n’a jamais abandonné les pauvres, les démunis (mustadh‘afîn), ceux qui sont dépourvus de tout.
Dieu a toujours pourvu aux pauvres une richesse et une sécurité.

Quant aux arrogants, ceux qui ont destiné notre humanité au vol, au viol et au crime – ceux qui pillent les richesses des pauvres –, ils n’ont pas d’avenir.
C’est la première histoire.

La deuxième histoire est celle des enfants : un enfant despote chez des croyants.
N’oubliez pas : la première histoire parle des pauvres.
Dieu pourvoira à leurs besoins.
Dieu pourvoira aux croyants une génération de croyants.
Dieu pourvoira à la richesse d’un père saliḥ (vertueux).
saliḥ, c’est celui dont la réparation (islâh) du monde est l’héritage.
Un trésor doit être projeté par l’‘abd saliḥ : Khidr doit construire un mur.
Pour qui ?
Pour les enfants à venir, ceux qui hériteront et perpétueront l’islâh.

Qu’essayé-je de partager avec vous ?
Notre destin est maîtrisé.

  • Si nous sommes pauvres, Dieu a pourvu à nos besoins.
  • Si nous avons une progéniture et que nous sommes croyants, Dieu nous donnera des enfants qui prendront le relais de la foi.
  • Si nous sommes des enfants de Salihîn (vertueux), Dieu fera en sorte que nous héritions de la richesse et de l’héritage du saliḥ, qui n’est autre que la conformité à la révélation de ce Livre et de ce ghayb présent dans le Livre, un futur qui est déjà là.

Cette Sourate est donc importante pour nous.
Elle se conclut avec Dhûl-Qarnayn (un personnage coranique).
Pourquoi la troisième histoire ne peut-elle être que celle de Dhûl-Qarnayn ?
Parce qu’elle parle d’une personnalité traversant des temps différents, des époques multiples.

Comme dans l’histoire de Moise et Khidr, il y a trois récits à l’intérieur de cette histoire.
Et pourquoi y a-t-il encore trois récits dans celle de Dhûl-Qarnayn ?
Parce que c’est une histoire de temps.
Dieu se révèle à travers les temps.

L'Histoire de Dhûl-Qarnayn

Première Étape : Vers le Coucher du Soleil

Première étape : vers le coucher du soleil.
Dieu révèle à Dhûl-Qarnayn l’histoire d’un peuple.
Ce peuple croit que c’est par ses actions personnelles qu’il peut évoluer, se rapprocher de Dieu ou s’égarer.
Dhûl-Qarnayn arrive auprès d’eux alors que le soleil se couche, vers une mer trouble, symbole de leurs choix et de leurs raisonnements erronés.
Dieu dit à Dhûl-Qarnayn : « Fais ce que tu veux : tu peux les supplier, les prendre en patience, te servir d’eux. »
C’est le voyage de Dhûl-Qarnayn avec cette communauté.
Il déclare : « Celui qui aura fait le bien recevra le bien. Celui qui aura fait le mal, je le supplierai [de changer]. Et quand ils reviendront vers toi, tu feras ce que tu voudras. »
Cela signifie que les jugements personnels – et non les inspirations divines – sont redevables d’un jugement.
Parce qu’ils ont jugé les choses par eux-mêmes, ils seront jugés selon leurs propres choix.

Deuxième Peuple : L’Ignorance comme Fondement

Deuxième peuple : l’ignorance comme fondement.
C’est un peuple où l’ignorance était la base même de la société.
Il n’avait aucune sécurité ni protection contre la lumière qui l’éclairait, une lumière révélant tous leurs défauts, sans leur offrir de sécurité.
Ils se complaisaient dans leurs contradictions, vivant dans un monde de contradictions – un monde qui, de ce fait, ne peut être jugé, car il est en contradiction avec l’ordre universel.
Ce soleil, cette lumière qui ne leur apportait aucune sécurité, alors qu’elle aurait dû être une protection divine…
Vous semblez avoir saisi cette notion : une lumière révélant les défauts, comme dans le premier voyage de Dhûl-Qarnayn.

Troisième Étape : La Clôture du Temps

Troisième étape : la clôture du temps.
Il existe une espèce de personnes qui auraient aimé se lever avec le Messie et le Mahdi.
Elles auraient aimé être dans la sécurité de Dhûl-Qarnayn, offrant tout ce qu’elles possèdent pour avoir un tel homme près d’elles.
Elles étaient prêtes à tout donner.
Mais Dhûl-Qarnayn leur dit : « J’ai plus que ce que vous m’offrez. »
C’est-à-dire qu’il n’avait pas besoin de leur richesse ou de leurs efforts pour accomplir sa mission.
Il leur demande plutôt : « Aidez-moi avec force. Soyons associés avec force. Soyons unis avec force. »
Et qu’ils soient dans l’unité de la sécurité de la parole qui vivifie, une protection comme un mur, un bouclier contre Gog et Magog.

Nous voici donc devant cette histoire, qui doit être répétée chaque vendredi pour nous assurer une sécurité contre Gog et Magog.
Voilà pourquoi la transmission de ce message est importante, pourquoi ce que nous faisons et partageons l’est tout autant.

Conclusion

Sourat Al-Kahf nous guide à travers ses récits – les Gens de la Caverne pour la foi dans l’inconnu et la protection divine, les deux jardins pour l’humilité face aux dons de Dieu, Moise et Khidr pour la justice au-delà de la logique humaine, et Dhûl-Qarnayn pour la maîtrise des temps et des peuples.
Ces histoires rappellent que notre destin est entre les mains de Dieu, protégeant les pauvres, les croyants et les vertueux contre les forces du mal comme Gog et Magog.
Elles nous invitent à réciter cette Sourate chaque vendredi pour une sécurité spirituelle et une confiance dans le ghayb.
Nous devons être les piliers de cette résonance, en conformité avec ce destin déjà tracé.

« Nous sommes les pauvres que Khidr vient protéger dans notre richesse spirituelle. Nous sommes le destin d’une destinée et d’une progéniture qui doit être accompagnée par la foi en ce destin. »

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