Introduction
« Il avait retrouvé l'état dans lequel et pour lequel Dieu l'a créé. Un état où quoi que tu fasses, tu es le serviteur de Dieu. Tu es la volonté de Dieu. Tu es l'homme à qui Dieu inspire. »
La spiritualité est notre essence, et aujourd'hui, on va plonger dans un sujet qui nous touche au cœur : l'inertie. C'est un thème qu'on a déjà exploré ensemble, avec mon frère sur la chaîne YouTube Seyyed Gouasmi, et même pendant la nuit bénie. On en a parlé avec mon maître Seyyed Yahya, rahmatullah alayh. Ça fait des années qu'on le traite, parce qu'il est d'une importance capitale. Si on le vit et qu'on l'applique, on peut devenir les hommes de Dieu, les serviteurs de Dieu. Mais il faut bien le comprendre, bien l'entendre. À travers les développements de ma famille et moi, il y a toujours des nouvelles lumières qui viennent de l'invisible pour éclairer encore plus ce sujet.
L'Évolution de la Foi et la Lumière Divine
Dieu décrit les gens de la foi dans différents versets du Coran. Par exemple, pour les gens de la caverne, il dit : « C'était des gens qui avaient la foi et puis on leur a rajouté de la direction. » Ou ailleurs : « Ils étaient croyants, ils avaient la foi et on a ajouté de la foi à leur foi. »
Tout ça, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que le croyant est toujours en évolution. Il y a toujours plus de lumière. « Nour ala nour, lumière sur lumière. » Et le verset continue : « Dieu guide vers sa lumière qui il veut. » C'est-à-dire que Dieu te montre, puis il te montre encore, et encore. Il t'éclaire le chemin, un peu plus, un peu plus, un peu plus. C'est dans cet esprit-là qu'on chemine ensemble. C'est dans cet esprit-là qu'on développe les sujets, qu'on y revient, parce qu'il y a toujours plus d'éclairage. Et cet éclairage nous rapproche de ce à quoi Dieu nous appelle.
L'Inertie : Non-Mouvement et Nature Primordiale
L'inertie, c'est le non-mouvement. On a déjà traité ce sujet, avec des histoires comme celle des gens de la caverne, ou Souleyman avec celui qui détenait une science du livre. Mais souvent, les gens posent cette question récurrente : « Cher Jamel, tu nous parles d'inertie, tu nous dis que l'homme a été créé dans l'inertie, pour l'inertie. Es-tu en train de nous dire que nous ne devons pas nous mouvoir pour servir Dieu ? »
À la fin de ce qu'on va partager aujourd'hui, théoriquement, vous ne devriez plus vous poser cette question. Avec la permission de Dieu, j'espère qu'on l'expliquera de manière à ce que ça réponde tout seul.
Dieu, dans la préexistence, a créé l'homme dans l'inertie et pour l'inertie. Adam est un être de la préexistence – bien sûr, après la descente, c'est une autre histoire. Mais pour bien comprendre le temps, le mouvement et le non-mouvement, revenons-y.
Dieu a créé les génies, les djinns, qui se meuvent et adorent Dieu. Il a créé les anges, qui se meuvent aussi, mais avec une obéissance pure et simple. Ils ne sortent pas de l'obéissance. « Nous te rendons grâce, gloire, et nous te louons », c'est ce qui est dit des anges.
Puis, Dieu crée une troisième créature : l'homme. À l'homme, il donne tout ce qu'il a à donner, sans effort préalable, sans mouvement, sans conditionnement par le temps. Il a appris à Adam la science des noms, la science de toute chose, fraîchement créé. Sans expérience, sans mouvement, sans attente. Ça, c'est l'homme dans l'inertie.
Le Conditionnement sur Terre : Temps, Mouvement et Raisonnement
Maintenant, on est descendus sur cette terre, conditionnés par les lois du temps, du déplacement, du mouvement. Et surtout, par les lois du raisonnement, qui est la particularité première d'Iblis. Iblis a réussi à détourner l'homme. Il a demandé un temps pour ça, et Dieu le lui a accordé. Du coup, on se retrouve dans la condition d'aujourd'hui : un homme descendu sur terre, créé pour adorer Dieu dans l'inertie, mais qui doit maintenant adorer avec mouvement et temps.
Pour s'en sortir, l'homme n'a pas d'autre moyen que de retourner à sa nature primordiale : l'inertie. Mais qu'est-ce que ça veut dire ? Puisque l'inertie c'est le non-mouvement, est-ce que ça veut dire que je ne dois pas me mouvoir ? Est-ce que je dois ignorer l'expérience du temps sur terre ? Bien sûr que non. Je suis sur terre, régi par ces lois.
Il faut arriver, en tant que croyant, à retrouver le chemin de celui qui se meut, conditionné par le temps, mais qui est en même temps dans l'inertie pour laquelle Dieu l'a créé. C'est tout le dilemme.
Retenez bien ces notions :
Le temps.
Le mouvement.
Elles sont interdépendantes, dépendantes l'une de l'autre. Et à leur tête, il y a le raisonnement. Dans un Hadith qu'on a déjà abordé, Dieu crée le raisonnement parmi les premières choses. Il lui demande d'avancer, puis de reculer, et il recule. Vous voyez ? Le raisonnement, c'est le temps et le mouvement. Il a besoin de temps et de mouvement.
Comment s'en sortir, nous qui sommes conditionnés par le raisonnement, donc par le temps et le mouvement ? C'est ce qu'on a développé ensemble : retrouver l'état de l'inspiration et de l'âme mutma'inna, l'âme pacifiée, inspirée, mouhima, à laquelle Dieu inspire.
Dieu dit dans son saint livre, dans la Sourate là : « Mais comment il l'a façonné ? La création, la particularité qu'il lui a donnée, et il lui a inspiré pour reconnaître ce qui est mauvais et ce qui est bon. » C'est une inspiration qui te donne le code, qui te permet de revenir à la foi authentique : adorer un Dieu unique. Ça fait partie de notre fitra, notre nature originelle, parce que c'est ainsi que Dieu nous a façonné.
Mais en descendant sur terre, elle a été polluée. Elle est devenue lawama, amara, polluée par le raisonnement. Le raisonnement lui a imposé un mouvement, un temps, une expérience. C'est pour ça que beaucoup de gens sont parfois perturbés : leur manière d'être dépend du temps, d'un passé, d'un présent, d'un futur. Mais l'âme doit être fonction de l'instant, c'est-à-dire de l'inertie, le temps en dehors du temps.
L'Exemple d'‘Arafât et le Dépassement du Raisonnement
Dieu nous montre la voie pour retourner à cette âme mutma'inna primordiale. Le raisonnement est un mouvement. L'inspiration est dans l'inertie. Donc, pour être dans l'inertie, il faut arrêter le raisonnement.
Il y a de multiples exemples dans le Coran. Par exemple, bientôt le pèlerinage. Et pendant le pèlerinage, il y a une station la plus importante : ‘Arafât, Alwaqfa. C'est un temps d'arrêt. Un temps d'arrêt de quoi ? De la réflexion. Ça marque une rupture entre les êtres sur terre qui se meuvent pour adorer un Dieu, alors qu'ils devraient être dans l'inertie de l'adoration.
Ce temps d'arrêt nous appelle à une dimension supérieure, où il n'y a que la volonté de Dieu. Parce que le raisonnement t'impose une volonté propre. Une âme souillée, amara, elle est ordonnante ; lawama, elle blâme. Elle est perturbée par le raisonnement, et ne te permet pas d'entrer dans le temps en dehors du temps, l'inertie.
Cette âme te fait avoir une volonté propre : « Moi, je veux ça, moi je veux que... » Et cette volonté vient du raisonnement. Alors que Dieu a créé l'homme pour que sa volonté soit la volonté de Dieu. Pas de mouvement de volonté propre, mais seulement la volonté de Dieu.
On doit dépasser le raisonnement pour rentrer dans l'inertie.
L'Inertie dans le Mouvement et le Repos
Pour ne pas trop s'attarder, avec ça, théoriquement, vous ne devriez plus vous poser la question du début. Que je sois en mouvement, dans mon sommeil, en méditation, je dois être dans l'inertie : un état où le raisonnement finit, ma volonté finit, et il n'y a que la présence de Dieu.
C'est ce qu'on voit chez les grands hommes. Prenez notre guide, rahmatullah alayh. Vous le voyez en mouvement, et qu'est-ce qui le meut pour servir Dieu ? Il était dans l'inertie, il avait retrouvé l'état pour lequel Dieu l'a créé. Un état où, quoi que tu fasses, tu es le serviteur de Dieu, tu es la volonté de Dieu, l'homme à qui Dieu inspire.
Vous comprenez ainsi que l'inertie dont parle le saint livre n'est pas une inertie qui nous interdit de nous mouvoir. C'est une inertie présente dans le mouvement comme dans le non-mouvement. Que je sois allongé dans le sommeil, ou en mouvement pour une action, un travail. Et c'est ça qui est extraordinaire.
Comment retrouver cet état ? L'inertie est un état à retrouver, celui de notre primordialité, de ce que nous sommes au plus profond. En le retrouvant, on retrouve la paix, la sérénité. L'âme mutma'inna est sereine, dans l'éternité, en dehors du temps et du mouvement. Elle n'est plus perturbée par le raisonnement, ni par une volonté propre, mais elle est ce que Dieu veut qu'elle soit.
Conclusion
En résumé, l'inertie nous ramène à notre essence : créés pour adorer Dieu sans le voile du temps, du mouvement et du raisonnement, en revenant à l'inspiration divine et à l'âme pacifiée. C'est un chemin d'évolution constante, comme à ‘Arafât, où l'on dépasse la volonté propre pour n'être que la volonté de Dieu. Que ce soit en action ou au repos, l'inertie est la clé de la paix spirituelle.
« Soyons ce que Dieu veut que nous soyons en retrouvant l'inertie dans toutes les composantes de notre vie. »






