Dou al Qarnayn : Quelles possibilités pour l'Homme ?

15 novembre 2025
Par Seyyed

Versets Cités (6)

إِذْ قَالَ يُوسُفُ لِأَبِيهِ يَـٰٓأَبَتِ إِنِّى رَأَيْتُ أَحَدَ عَشَرَ كَوْكَبًا وَٱلشَّمْسَ وَٱلْقَمَرَ رَأَيْتُهُمْ لِى سَـٰجِدِينَ

idh qāla yūsufu li-abīhi yāabati innī ra-aytu aḥada ʿashara kawkaban wal-shamsa wal-qamara ra-aytuhum lī sājidīna

Traduction :
Muhammad Hamidullah
Rachid Maach
Centre International Nur

Quand Joseph dit à son père: «O mon père, j'ai vu [en songe], onze étoiles, et aussi le soleil et la lune; je les ai vus prosternés devant moi».

وَرَفَعَ أَبَوَيْهِ عَلَى ٱلْعَرْشِ وَخَرُّوا۟ لَهُۥ سُجَّدًا ۖ وَقَالَ يَـٰٓأَبَتِ هَـٰذَا تَأْوِيلُ رُءْيَـٰىَ مِن قَبْلُ قَدْ جَعَلَهَا رَبِّى حَقًّا ۖ وَقَدْ أَحْسَنَ بِىٓ إِذْ أَخْرَجَنِى مِنَ ٱلسِّجْنِ وَجَآءَ بِكُم مِّنَ ٱلْبَدْوِ مِنۢ بَعْدِ أَن نَّزَغَ ٱلشَّيْطَـٰنُ بَيْنِى وَبَيْنَ إِخْوَتِىٓ ۚ إِنَّ رَبِّى لَطِيفٌ لِّمَا يَشَآءُ ۚ إِنَّهُۥ هُوَ ٱلْعَلِيمُ ٱلْحَكِيمُ

warafaʿa abawayhi ʿalā l-ʿarshi wakharrū lahu sujjadan waqāla yāabati hādhā tawīlu ru'yāya min qablu qad jaʿalahā rabbī ḥaqqan waqad aḥsana bī idh akhrajanī mina l-sij'ni wajāa bikum mina l-badwi min baʿdi an nazagha l-shayṭānu baynī wabayna ikh'watī inna rabbī laṭīfun limā yashāu innahu huwa l-ʿalīmu l-ḥakīmu

Traduction :
Muhammad Hamidullah
Rachid Maach
Centre International Nur

Et il éleva ses parents sur le trône, et tous tombèrent devant lui, prosternés. Et il dit: «O mon père, voilà l'interprétation de mon rêve de jadis. Allah l'a bel et bien réalisé... Et Il m'a certainement fait du bien quand Il m'a fait sortir de prison et qu'Il vous a fait venir de la campagne, [du désert], après que le Diable ait suscité la discorde entre mes frères et moi. Mon Seigneur est plein de douceur pour ce qu'Il veut. Et c'est Lui l'Omniscient, le Sage.

أَمَّا ٱلسَّفِينَةُ فَكَانَتْ لِمَسَـٰكِينَ يَعْمَلُونَ فِى ٱلْبَحْرِ فَأَرَدتُّ أَنْ أَعِيبَهَا وَكَانَ وَرَآءَهُم مَّلِكٌ يَأْخُذُ كُلَّ سَفِينَةٍ غَصْبًا

ammā l-safīnatu fakānat limasākīna yaʿmalūna fī l-baḥri fa-aradttu an aʿībahā wakāna warāahum malikun yakhudhu kulla safīnatin ghaṣban

Traduction :
Muhammad Hamidullah
Rachid Maach
Centre International Nur

Pour ce qui est du bateau, il appartenait à des pauvres gens qui travaillaient en mer. Je voulais donc le rendre défectueux, car il y avait derrière eux un roi qui saisissait de force tout bateau.

فَأَرَدْنَآ أَن يُبْدِلَهُمَا رَبُّهُمَا خَيْرًا مِّنْهُ زَكَوٰةً وَأَقْرَبَ رُحْمًا

fa-aradnā an yub'dilahumā rabbuhumā khayran min'hu zakatan wa-aqraba ruḥ'man

Traduction :
Muhammad Hamidullah
Rachid Maach
Centre International Nur

Nous avons donc voulu que leur Seigneur leur accordât en échange un autre plus pur et plus affectueux.

وَأَمَّا ٱلْجِدَارُ فَكَانَ لِغُلَـٰمَيْنِ يَتِيمَيْنِ فِى ٱلْمَدِينَةِ وَكَانَ تَحْتَهُۥ كَنزٌ لَّهُمَا وَكَانَ أَبُوهُمَا صَـٰلِحًا فَأَرَادَ رَبُّكَ أَن يَبْلُغَآ أَشُدَّهُمَا وَيَسْتَخْرِجَا كَنزَهُمَا رَحْمَةً مِّن رَّبِّكَ ۚ وَمَا فَعَلْتُهُۥ عَنْ أَمْرِى ۚ ذَٰلِكَ تَأْوِيلُ مَا لَمْ تَسْطِع عَّلَيْهِ صَبْرًا

wa-ammā l-jidāru fakāna lighulāmayni yatīmayni fī l-madīnati wakāna taḥtahu kanzun lahumā wakāna abūhumā ṣāliḥan fa-arāda rabbuka an yablughā ashuddahumā wayastakhrijā kanzahumā raḥmatan min rabbika wamā faʿaltuhu ʿan amrī dhālika tawīlu mā lam tasṭiʿ ʿalayhi ṣabran

Traduction :
Muhammad Hamidullah
Rachid Maach
Centre International Nur

Et quant au mur, il appartenait à deux garçons orphelins de la ville, et il y avait dessous un trésor à eux; et leur père était un homme vertueux. Ton Seigneur a donc voulu que tous deux atteignent leur maturité et qu'ils extraient, [eux-mêmes] leur trésor, par une miséricorde de ton Seigneur. Je ne l'ai d'ailleurs pas fait de mon propre chef. Voilà l'interprétation de ce que tu n'as pas pu endurer avec patience».

إِنَّا مَكَّنَّا لَهُۥ فِى ٱلْأَرْضِ وَءَاتَيْنَـٰهُ مِن كُلِّ شَىْءٍ سَبَبًا

innā makkannā lahu fī l-arḍi waātaynāhu min kulli shayin sababan

Traduction :
Muhammad Hamidullah
Rachid Maach
Centre International Nur

Vraiment, Nous avons affermi sa puissance sur terre, et Nous lui avons donné libre voie à toute chose.

Introduction

« Et un troisième peuple, ni de l'Orient, ni de l'Occident, ni d'un soleil qui se lève, ni d'un soleil qui se couche, qui vient entre deux barrières. »

Aujourd'hui avec vous, j'aimerais revenir sur un sujet important que nous avons commencé à développer. Nous avons vu que le résultat du ta'wîl (exégèse) était la manifestation du Décret de Dieu. Il y a trois dimensions du ta'wîl, et on va les explorer pour comprendre comment ça mène à la causalité chez Dhûl-Qarnayn.

La Première Dimension du Ta'wil : L'Exemple des Prophètes Jacob et Youssef

Dans la première dimension du ta'wîl, celui qui a été donné aux prophètes Jacob et à Youssef, nous avions évoqué la vision qui est apparue à Youssef. Il a rêvé que le soleil, la lune et onze étoiles se prosternaient devant lui.

Le ta'wîl de cette vision n'a été compris que plusieurs années plus tard, 30, 40 ou 50 ans, je ne sais pas. « Les douze enfants de Jacob se prosternent devant Jacob. » Cette prosternation donna les douze tribus d'Isrâ’îl, et Jacob prit le nom d'Isrâ’îl.

Lorsqu'ils se prosternent devant Jacob, cela signifie qu'ils se prosternent devant la prêtrise que Dieu a choisie pour la lignée de Jacob. Ils se prosternent devant Moïse, devant David, devant Souleyman, ils se prosternent devant tous les prophètes et la prêtrise qui leur est donnée, ces douze tribus d'Isrâ’îl.

Et ils se prosternent encore et surtout devant le Messie, fils de Marie, le dernier prophète de la lignée de Jacob. « Il viendra bientôt, lors de la fin des temps, avec la permission de Dieu. »

Dans le ta'wîl, nous voyons qu'il y a une évolution qui amène à la manifestation du ta'wîl.

La Deuxième Dimension : Khidr et l'Histoire avec Moïse

Je viens d'aborder la première dimension. Il y a la deuxième que nous comprenons avec Abd Salah (le serviteur réparateur) Khidr et l'histoire avec Moïse.

Nous avons trois histoires. La première avec le bateau qu'on va rendre inopérant afin qu'une armée ne vienne pas le chercher, qu'un roi ne le saisisse de force. « Ce bateau appartenait à des pauvres, ils pourront de cette manière le récupérer et subvenir à leurs besoins. »

C'est le premier ta'wîl, une action, celle de détériorer ou de rendre inutilisable un bateau. La raison de cet acte est comprise qu'après, lorsque le roi vient et ne peut pas prendre le bateau.

Le deuxième ta'wîl dans l'histoire de Khidr et de Moïse, c'est quand Khidr tue l'enfant afin que ses parents croyants ne s'égarent du chemin que Dieu leur a tracé car l'enfant allait les égarer. « Khidr tue l'enfant, et Dieu leur accorde un meilleur enfant. »

Mais la compréhension de ce ta'wîl ne se fait qu'après. Ce n'est pas lorsqu'il tue l'enfant que l'on comprend pourquoi il fait ce geste, à part si on a la Science du ta'wîl.

On arrive à la troisième histoire que vous connaissez, celle des deux orphelins. Un père Salihine (pieux) et un mur qui se reconstruit pour que le trésor qui leur est destiné leur soit réservé plus tard. Lorsque Khidr construit le mur, on ne comprend pas le ta'wîl de cet acte, Moïse ne le comprend pas.

Khidr le comprend parce qu'il a la vision du ta'wîl. Mais il ne se réalise que bien après. Nous voyons par là qu'il y a une différence entre le ta'wîl qui est donné à Youssef et le ta'wîl qui est donné à Khidr.

« Khidr a la vision du ta'wîl dans sa finalité. Il n'a pas une image qui va donner un événement. Il a la visibilité totale de la manifestation qui viendra, et c'est pourquoi qu'il agit ainsi. Dieu lui donne cette capacité. »

Voyez-vous la différence ? Maintenant que nous avons et que nous comprenons le ta'wîl de Khidr, une autre histoire commence juste après, celle de Dhûl-Qarnayn.

La Troisième Dimension : Dhûl-Qarnayn et la Causalité

Dieu ne dit pas qu'il a transmis à Dhûl-Qarnayn le ta'wîl. Il dit : « Nous lui avons donné le sabab », la causalité, la cause, ce pourquoi l'Homme est construit ainsi.

Qu'est-ce qui a fait que l'Homme s'est construit de telle manière ? Quels sont les choix qu'il a pris, qui ont fait de lui ce qu'il est aujourd'hui ? Chaque cause a un effet.

La cause et l'effet de la connaissance de Dhûl-Qarnayn sont compris à travers ses trois voyages. Trois voyages que Dhûl-Qarnayn entreprend. Trois voyages dans trois causalités différentes.

Toute causalité qui s'est produite finit par trois groupes, par trois causalités possibles pour l'Homme, l'Homme avec un grand H. On a trois groupes possibles.

Les Trois Groupes et Leurs Causalités

Dans le premier groupe, nous avons un soleil qui se couche, qui a comme effet d'être dans une eau boueuse, de se construire dans une eau boueuse. Vous savez, la Science nous explique le symbole de l'eau. L'eau donne la vie, source de l'eau. La Science est limpide, claire et manifeste.

Mais lorsque l'eau est boueuse, cela signifie qu'elle est mélangée, elle est mélangée avec quoi ? Avec ce que nous nous sommes construits en dehors de la Science. « Elle est mélangée avec notre expérience, avec nos désirs, avec nos passions. »

On prend la science, la religion, la foi, la parole de Dieu et on la met à côté d'une construction que nous nous sommes faite. Elle est mélangée avec nos passions, nos désirs, nos préoccupations et tout ce qui va avec. Et c'est ainsi que ce premier groupe se construit.

C'est le groupe des croyants, de ceux qui croient en Dieu, qu'ils soient juifs, chrétiens, musulmans ou autres, et qui se construisent à travers la Révélation mais en même temps à travers une âme ordonnante. Ainsi, ils ne peuvent pas comprendre les choses telles qu'elles sont. Ils ne peuvent pas avoir la visibilité de la Révélation et de la Parole de Dieu.

Dieu dit à Dhûl-Qarnayn, sur ce groupe : « Juge-les comme tu veux. » Nous comprenons dans le jugement ce qu'est la causalité. Il ne peut y avoir de jugement que lorsqu'il y a causalité. Le jugement ne vient pas avec le ta'wîl mais il vient avec la causalité.

C'est pour cela que nous affirmons et réaffirmons que Dhûl-Qarnayn est la personnalité majeure de la fin des temps car il va venir juger les Hommes. « Dhûl-Qarnayn va juger le premier groupe, il va faire un tri, un tamisage entre ceux qui avaient dans la foi, quelque chose de bon, même dans leur ignorance, il va les garder pour le monde de la fin des temps, pour le monde après cette fin des temps. Il châtiera l'autre partie. »

On dirait qu'avec Dhûl-Qarnayn, c'est le jugement de l'humanité qui vient, le premier jugement de l'humanité tout entier qui vient.

Puis, il prend une deuxième voie, une voie, une causalité qui l'amène à un lever du soleil. Ce peuple, ce groupe n'a aucune protection, aucune « sitra ». Ce sont ceux qui ne croient pas aujourd'hui en Dieu, ceux qui pensent qu'ils ne retourneront pas vers Dieu, ceux qui ne croient pas au jour dernier, au jour du Jugement dernier.

Ceux qui ne croient pas au paradis, à l'enfer, aux anges et à ce que Dieu a fait descendre. Ceux qui ne croient pas aux prophètes, aux messagers et aux envoyés. Ceux-là, ils ne sont même pas regardés, ils n'ont aucune forme d'existence pour le jour d'après.

Et un troisième peuple, ni de l'Orient, ni de l'Occident, ni d'un soleil qui se lève, ni d'un soleil qui se couche, qui vient entre deux barrières, qui vient entre l'Orient et l'Occident. « Quelle est la causalité de ce peuple ? Quel est l'effet de la causalité de ce peuple ? »

C'est la Parole. Car Dieu dit d'eux qu'ils n'ont pas la Parole. Dhûl-Qarnayn va les juger en leur donnant la Parole. Ils sont le peuple ou le groupe qui va agir et participer à Son œuvre avec Dhûl-Qarnayn.

Conclusion

En résumé, le ta'wîl évolue à travers ses trois dimensions : de la vision prophétique de Youssef à l'action visionnaire de Khidr, jusqu'à la causalité jugeante de Dhûl-Qarnayn qui trie l'humanité en trois groupes – les croyants mélangés, les incrédules sans protection, et le peuple intermédiaire de la Parole qui participera à l'œuvre divine à la fin des temps.

« Ils sont le peuple qui va agir et participer à Son œuvre. »

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